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lundi 4 août 2008

Retour a Terelj

Bonjour a tous, me revoilà après un bon moment d’absence et de paresse, je vais essayer de vous relater mes dernières aventures. Une fois de plus, cet article sera beaucoup trop long, je m’en excuse, si vous ne voulez pas lire tout ca, ben ne lisez pas.

Zaza étant venue me voir pour quelques semaines, nous sommes partis pour le weekend profiter de la belle campagne mongole et se reposer d’UB et sa chaleur plus qu’étouffante.
Nous avons donc pris la route de Terelj (encore, le parc national à une soixantaine de kilomètres a l’est d’UB pour ceux qui ont oublie, ou qui n’en ont rien à faire) pour un weekend fort sympathique.

Samedi après-midi, nous retrouvons donc Laurence, stagiaire de l’ambassade et Azua, ma fidele comparse, pour faire quelques courses (de la viande, un camembert et moult bouteilles d’eau) et prendre le bus. Le plan : monter dans le bus et voir ce qui se passe, essayer de trouver un coin sympa et si possible, un endroit ou dormir dans ce coin sympa.

Apres s’être répétés pendant les 2h de trajets qu’on trouverait plus joli plus loin, on se retrouve bien obliges de descendre quand le bus atteint son terminus : Terelj, ou plutôt un point X au milieu du parc de Terelj. Nous nous retrouvons donc dans une charmante petite vallée entourée de forets, parsemée de yourtes et de petits troupeaux de moutons, chevaux et autres yacks et, différence majeure par rapport a ma dernière venue, tout est vert, les pluies du mois de juin ont fait leur travail.


On en arrive donc au deuxième point : trouver un lieu ou dormir. Première tentative, nous nous rendons dans un petit « hôtel » (3 yourtes autour d’un bâtiment en dur servant vraisemblablement de cuisine, toilettes et Cie). Nous leur expliquons que nous sommes 4, ils nous répondent qu’on peut avoir 3 lits pour 25,000 tugrugs. Appréciant la logique de la réponse, on s’en va. Nous nous arrêtons auprès d’une famille, les chiens gueulent, ils se prennent des mandales et on nous indique un petit camp de yourte un peu plus bas dans la vallée. Nous reprenons notre petite balade et tombons effectivement sur un petit camp : cinq yourtes au pied d’un bosquet, des enfants qui jouent, des femmes qui s’activent pendant que les hommes sont assis, en train de jouer, chanter et de boire de l’airag. On s’installe.

Tout de suite, les hommes du camp nous invitent à boire de l’airag avec eux. Pour information, l’airag, c’est le fameux lait de jument fermente dont les mongols s’envoient des litres et des litres tous les jours. Donc nous commençons a discuter, a nous présenter en se faisant passer le bol d’airag (ils ne se gênent d’ailleurs pas pour se foutre de notre gueule puisqu’alors qu’ils se descendent le bol de coup, on peine a en avaler plus de 3 gorgées), on discute, ils enchainent les blagues (il faut savoir que le mongol aime la blague, par exemple, nous aurons appris ce weekend que notre voisin s’appelait Zinedine Zidane, que Nicolas Sarkozy était un de ses grands amis, qu’il l’avait au téléphone tous les 2-3 jours et que lui aussi, sortait avec Carla...), en gros, on rigole bien, mais il est bientôt 20h et on part faire un tour au « village » s’acheter quelques bières pour l’apéro.
Le village est mignonet, des cabanes, des yourtes posées sans aucune logique un peu partout autour de LA route, des gens qui se baladent a cheval ou en Hummer, un authentique petit village mongol. Ca ne vaut pas le coup.

A peine avions nous débuté notre apéritif que nos voisins débarquent et nous invitent à manger chez eux. Au menu : Horog (orthographe approximative), du mouton cuit avec des pierres chaudes au préalablement chauffées dans le feu. Le plat n’est pas extraordinaire par lui-même (du mouton et du gras de mouton, comme tout bon plat mongol), mais tout le folklore autour de celui ci est assez drôle. Avant de passe a table, chacun des convives se voit remettre une des pierres qu’il faut tourner dans ses mains (sinon, plus de main, rapport au fait que la pierre est très chaude) et c’est sensé être bon pour le cœur, pour les reins si tu poses la pierre sur ton dos, pour le cerveau si tu poses la pierre sur tes temps... A part des brulures partout, je ne suis pas sur que cela aie un quelconque effet, mais c’était sympa a voir...

Une fois le repas avale, nos hôtes dégainent leurs armes : le bidon d’airag et les bouteilles de vodka. Les tasses tournent, chacun doit chanter une chanson en s’enfilant un bol d’airag chacun son tour et pendant ce temps la, des verres de vodka tournent dans toutes les directions, il fait de plus en plus chaud, ca chante de plus en plus faux, nos hôtes font de plus en plus de blagues, je tente de parler mongol sans succès, on fatigue, l’orage éclate, on a la pétoche, on finit par aller se coucher et on a passe une chouette soirée.

Dimanche, 8h30 (argh ! J’ai oublie de couper mon réveil !), nous voila debout. Apres un bon petit déjeuner, dissipé un peu notre mal de tète, on s’aventure hors de la yourte pour une petite promenade matinale dans la foret, histoire de se réveiller un peu. Et la, surprise ! A 9h, nos amicaux voisins sont déjà dehors, a la même place qu’hier, en train de jouer aux cartes et de s’enfiler des shots de vodka. « C’est bon pour démarrer la journée du bon pied ». Et on ne peut pas refuser (foutue culture mongole). On trempe donc nos lèvres et on se tire, avant que la situation ne dégénère.

Nous partons donc découvrir le petit foret qui se dresse à cote de notre camp. Sur le chemin, nous traversons une petite « rivière » (une bande de steppe un peu plus boueuse que le reste), découvrons que les steppes sont couvertes d’Edelweiss (si les suisses savaient qu’ici, c’est les moutons qui bouffent les Edelweiss...), que les forets mongoles regorgent de fraises des bois qui n’ont pas l’air mures mais qui sont bonnes quand même, que fort heureusement, un nid d’abeilles fait beaucoup de bruit et enfin que quand Azaa décide de s’arrêter faire une couronne de fleur, on ne l’arrête pas même si ca lui prend des heures.

Creuse par cette balade, nous rentrons joyeusement sous la yourte pour un petit barbecue dont Azaa a le secret. C’est drôlement bon, c’est bien gras, c’est bien cuit, on se gave de moutarde que Zaza a eu la bonne idée de ramener. Si bien qu’après avoir à peine mangé la moitie de la viande, nous sommes repus.
Heureusement, nos petits camarades ne tardent pas à nous rejoindre dans la yourte (avec leur fidele bouteille de vodka) (nouveau refus poli) et se descendent allégrement les restes de notre barbecue (et leur bouteille de vodka). Et ca repart en chansons, en blagues, ils draguent Zaza, Azaa et Laurence, un autre veut me faire rencontrer sa fille pour que je lui fasse une dizaine d’enfants, on rigole, on rigole et heureusement, au bout d’un moment, terrasses par la vodka, nos hôtes quittent la yourte pour une petite sieste.

Apres une courte sieste, Alors qu’on se prépare à repartir en promenade, c’est le drame. J’ai perdu les clés de mon appartement, Laurence a perdu ses clés et son portable. On retourne la yourte, fouille le campement, on ne retrouve rien, on décide finalement qu’on s’en fout et on part faire une petite balade a cheval. Petite, vraiment petite même, car nos chevaux ont décidé d’être tous fatigués aujourd’hui et malgré nos efforts, pas moyen de les faire trotter plus de 4 secondes. Qu’a cela ne tienne, on fait un rapide petit tour de la vallee, dans les fleurs, dans le village... et puis bon, voila l’heure de rentrer.

Un peu frustrant cette demie balade, mais on ne se laisse pas démonter. Laurence dégaine de son sac le clou du week end : le camembert. Apres un petit tour dans le poêle, le camembert est tout chaud, tout mou et tout grille (un peu brule même), et nous devenons fous. Azaa est d’ailleurs un peu perplexe devant ce spectacle un peu inhabituel : 3 personnes devenues sauvages devant un fromage fondu… (Fromage qu’elle semble en plus trouver peu apetissant).



Après cet instant gastronomique, on se rend compte qu’il nous reste quand même bien 2h à tuer avant de reprendre le bus. On envisage sans grande conviction de faire la sieste, jouer aux cartes, quand soudain, les enfants du camp, qui jusqu’à maintenant s’étaient tenus bien à l’écart, passent la tête par la porte de notre yourte. On commence à les prendre en photo, ils veulent jouer avec l’appareil photo (2 ou 3 instants d’angoisse) et d’un coup, mon nouveau petit camarade (celui de droite sur la photo) devient fou et commence à se lancer dans une diatribe sur son cheval, je ne comprends rien de ce qu’il raconte mais il parle de son cheval, il veut prendre des photos de son cheval, jette des fleurs sur son cheval, crache sur son cheval (drole d’habitude)… (Pendant ce temps, les autres enfants m’expliquent calmement qu’en fait ce n’est pas son cheval.)

Puis les enfants entreprennent de m’apprendre le mongol. Nous voila partis pour une promenade autour du camp, et les trois gamins, tout excites, voire hysteriques, me hurlent le nom de tout ce qu’ils croisent (une fleur jaune ! une montagne ! de l’herbe ! un bebe chevre !...) Evidemment, ils parlent tous en meme temps, je ne comprends rien, mais ils changent vite de jeu quand ils revoient passer le bebe chevre. Scene epique de course poursuite dans la steppe : les gamins courent apres le-dit bebe chevre en hurlant, en ramassant des fleurs pour la chevre et en me trainant par le bras (mon petit camarade continue a vouloir cracher sur le bebe chevre) tandis que le proprietaire du chevreau, visiblement apeure par la troupe de gamins sauvages fuit aussi vite qu’il peut...
Finalement, n’ayant pas reussi a rattrapper l’enimal, nous finirons l’apres midi par une bataille de pissenlit et voila l’heure de partir. Un des voisins me rapporte mes cles que j’avais perdu dans leur yourte (pour lapetite histoire, je les reperdrai le lendemain en allant au bureau), on reprend le bus, fatigues mais ravi de ce petit weekend...

mardi 24 juin 2008

De l'absurdite de prevoir ses vacances à l'avance

Depuis moult semaines, nous avions planifiés un petit weekend des plus sympathiques. Le programme : prendre un bus pour aller a Zunmod, une petite ville pas très loin d’UB, visiter un temple à quelques kilomètre de la ville et rentrer à pied.
Planifier ses voyages à l’avance présente un avantage majeur : celui de pouvoir tout organiser. Malheureusement, nous avons quelques peu oublié ce détail et nous sommes rendus compte en partant que tous les guides conseillaient cette randonnée aux randonneurs confirmés ou accompagnés d’un guide. En revanche, le désagrément associé est le fait qu’on ne peut que difficilement prévoir la météo, ce qui peut être un souci, surtout en Mongolie au printemps quand on n’a pas d’imperméable et qu’on ne s’est pas vraiment soucié de préparer son trip en avance.

Ma foi, samedi matin arrive, mon réveil sonne à 8h. Problème : j'ai oublié de changer mon réveil et j’ai rendez vous environ maintenant. Je saute sous la douche, plus d’eau chaude, je lutte mais me lave. Je vais me préparer un café, pas d’électricité, je mande deux bouts de pain et pars de chez moi. Je me rends dans un magasin pour acheter du pain (je suis responsable pain pour le weekend) : premier magasin fermé, le second magasin n’a plus de pain, je trouve enfin du pain dans un troisième magasin. 8h20, j’appelle Berengère pour la prévenir que je serai un peu en retard au cas où elle ne l’aurait pas remarqué, elle me dit que le rendez vous est en fait à 9h30, je suis dégouté, je retourne me coucher.
Finalement, après m’être recouché une petite heure, j’arrive au rendez vous, avec 8kg de pain, un pull et une paire de chaussette dans mon sac à dos.

Nous voilâmes donc partis. Dire que nous n’avions rien préparé est en fait exagéré. Nous savions que nous devions prendre un bus à la gare routière en face du Dragon Center, à environ 7 ou 8 km du centre-ville. Détail fâcheux, nous ne savons pas où celle-ci se trouve. Après moult tentatives de discussions, nous trouvons un taxi qui nous emmène à cette gare. Arrivés là bas, il n’y a pas de bus, on nous a menti, les bus pour Zunmod partent d’une autre gare routière juste à côté de chez nous et de toute façon, ils partent vers 8h. On ne se laisse pas démonter, nous reprenons un autre taxi, passons quelques 20 bonnes minutes dans les embouteillages (un tramway a eu la bonne idée de perdre un câble au milieu de la route), arrivons à la seconde gare routière et, la chance semble tourner, trouvons un van pour Zunmod. Après une petite heure de bus, il est midi quand on arrive enfin à Zunmod, ce fut dur mais on l’a fait.

Zuunmod est la capitale de l'aimag de Tov (aimag central en mongol, la region qui entoure UB). C'est une petite ville charmante (il n’y a rien) mais très animée. Ici comme ailleurs, la campagne électorale bat son plein. Tous les QG des candidats, en général à côté les uns des autres, passent de la musique à fond, en général des musiques différentes, créant ainsi une cacophonie assez cocasse. Nous tournons un peu et trouvons enfin la route pour le monastère. La route est charmante : des steppes, des troupeaux çà et là, de chevaux, de moutons, des ovoo un peu partout (je ne sais pas si je vous ai raconté, les ovoo sont des sortes de petits tas de pierres sacrés). Après deux heures de marches, nous atteignons enfin le parc national de Manzushir, il n’a toujours pas plus, nous pique niquons pour fêter ca et parce qu’on commence à avoir faim.

Requinqués, nous reprenons la route, le soleil pointe son nez, nous commençons à penser que la chance nous sourit et arrivons au fameux monastère de Manzushir. Le cadre est magnifique. Niché au cœur d’une vallée, le monastère est, comme tous les monastères quasiment, flambant neuf, plein de couleurs car tout neuf. Tout autour de ce monastère, les ruines de l’ancien temple, détruit par les soviétiques en 1937 et de toute la ville qui s’était construite autour.

Après une brève visite du temple et du musée du parc (splendide sélection d’art local en matériau de récupération et d’animaux empaillés), nous partons pour notre ascension du sommet. On ne sait globalement pas où on va (à part qu’Oulan Bator est au nord), il commence à pleuvoir, ca monte sévèrement, mais l’ascension se fait dans la bonne humeur.
Après une ascension dans la forêt, la traversé d’un plateau fort charmant plein de fleurs (c’est rare ici), un petit bout d’escalade, nous arrivons au sommet.

La montagne en question s'appelle Tsetsegun Uul (montagne fleurie, 2256m), l'une des 4 montagnes sacrées pour les mongols, est entourée de roches magnifiques et couvertes de khadegs et autres drapeaux de prières et offre une vue imprenable sur la ville. Malheureusement, la pluie tombe maintenant sérieusement, le vent s’est levé ainsi que la brune. On ne voit pas à 5m devant nous, donc on ne voit pas vraiment la ville, à une quinzaine de km… Décevant, mais c’est joli quand même et on a un peu l’impression d’être dans la forêt maudite et que le cavalier sans tête va surgir d’un instant à l’autre. On rêvasse un peu, puis on revient à la réalité : il fait nuit dans moins de 2h, il pleut, on est trempés, on n’a pas la moindre idée de où on doit aller, quand bien même on le saurait, on ne voit rien, et il faut qu’on descende planter la tente. On se prend un coup de panique, commençons à descendre d’un bon pas et, au bout d’une petite heure, trouvons l’endroit propice au milieu de la forêt. Nous plantons nos tentes et trouvons là un repos mérité au terme d’une bien bonne soirée : festin de rois (pâté, pain et pommes), enlevage de chaussette trempés, franche rigolade et dodo dans duvet mouillé.

Le Lendemain, 8h, on se réveille, prêts a lutter contre l’adversité. Un petit déjeuner un peu sommaire (2 tranches de pain) et une seance repliage de tente sous la pluie plus tard, nous repartons. La brume s’est un peu levée mais on ne sait toujours pas oú on va et il pleut maintenant comme vache qui pisse. Cela dit, on n’a pas trop le choix, il faut bien rentrer.
On continue donc de descendre la montagne, en direction du nord (à peu près). Je profite de la photo pour vous introduire mes petits camarades de promenades, dans l’ordre : Claire, stagiaire dans une agence de voyage dont je vous ai déja parlé, Lucie, stagiaire à l’ambassade, Marie-Laetitia, qui vit normalement à Tchoibalsan, tout à l’est mais qui est venue une semaine à UB, Vincent, Laurence, Bérengère et Gregoire, tous les 4 stagiaires à l’ambassade aussi.

Durant toute la descente, c’est une succession de forêts, de mers de rochers, d’herbes hautes, de steppes, ... C’est vraiment beau. Malheureusement, par l’action combinée de la pluie, de l’absence d’imperméables pour bon nombre d’entre nous, du sol accidenté et de plus en plus glissant, il devient de plus en plus dur d’en profiter : Lucie ne sent plus ses pieds, Claire a peur que sa blessure à la jambe se réouvre, je commence à fatiguer serieusement. Heureusement, une ambiance de franche camaraderie nous aide à tenir le coup, à base de chansons paillardes de nos différentes écoles.

Il est midi quand nous apercevons Oulan Bator. Le moral revient, on va peut être survivre, avec un énorme pneumonie soit, mais nous allons survivre. Quoique. Premier désagrément, nous réalisons que nous n’avons pas descendu la bonne vallée et que nous nous trouvons à l’extrême est d’UB, mais ce n’est pas grave. Deuxième désagrément, au sud d’Oulan-Bator coule une rivière, la Tuul, et aussi loin que nos yeux peuvent voir, il n’y a qu’un pont : un pont de chemin de fer. Pour un moment, nous envisageons, pas rassurés, de traverser ce pont jusqu’à ca qu’un train arrive, nous file une petite pétoche et nous convainque, mouillé pour mouillé, de traverser la rivière à pied.

C’est donc trempés, sales et bien fatigués que nous atteignons enfin une route et là, alors que nous pensions qu’aucun taxi n’accepterait de nous prendre dans cet état, un van s’arrête (Merci Bouddha) et nous ramène tous au centre d’Oulan-Bator.


Bilan : le dos en vrac, je ne peux plus trop bouger les jambes, je n’ai jamais pris une douche aussi plaisante mais on a vraiment passé un super weekend.

Une fois de plus, mon post est beaucoup trop long, j’espère que vous êtes toujours là...
Bises

dimanche 8 juin 2008

Weekend à l’Eden Camp

Bien le bonjour à tous,
Vous l’aurez surement remarqué, à la télé, dans les journaux, on parle souvent de la steppe mongole, rarement de la beauté d’Oulan-Bator. Et pour cause, Oulan-Bator, bien que j’aime énormément, est très limité en termes de tourisme et de loisirs. Ayant déjà visité les quatre ou cinq monuments dignes d’intérêt et connaissant par cœur les trois boites de nuit fréquentables pour des européens, il nous faut partir du côté de la campagne pour découvrir de nouvelles choses. Avec Lucie, stagiaire à l’ambassade et Claire, stagiaire dans une agence de voyage, nous avons donc décidé de partir pour le weekend du côté de Khognookhan, où l’agence de Claire tient un camp.

Samedi matin, nous nous sommes retrouvés pour partir dans cette douce contrée au nom rigolo. Petite explication : Khognookhan (prononcez à peu près Khogun Khan et encore, vous serez loin du compte, je perds peu à peu mes illusions quant à mes capacités à parler un jour le mongol) est une réserve naturelle à 300km à l’Ouest d’UB, il s’agit d’une fracture granitique, comprenez un gros caillou qui sort de nulle part au milieu des plaines.
Nous nous élançons donc tous les trois, en compagnie de Miga, le chauffeur à l’assaut de ces 300km. 300km ? Ce n’est rien, me direz-vous. Je le pensais aussi, sauf que les mongols n’ont pas tout à fait conscience de ce qu’est une autoroute. Alors que nous roulons sur un des plus grands axes de la Mongolie (la route entre UB et Karakorum), nous constatons avec effroi que la route n’est en fait pas terminée et qu’il nous faut suivre les espèces de pistes qui longent plus ou moins la route, voire rouler au milieu de la steppe un peu au hasard. Il nous a donc fallu quelques 6h30 chahutés dans tous les sens pour arriver. Alors que ce trajet aurait pu être un calvaire, nous devons notre salut à Miga, le chauffeur blagueur qui durant les 6 heures de routes, nous a gratifié d’un cours de mongols (maintenant, on sait dire tous les animaux en mongols, vautours, moutons, gerbilles, grues, vaches ou même les porcs, qui pourtant sont rares en ce beau pays) et de moult chansons.
Après 6h30 de route donc, après nous être trompé de route, le dos un peu en compte, nous arrivons à l’Eden Camp, charmant camp de tipis niché au creux d’un des nombreux cirques formé par les montagnes. Si vous avez un minimum de jugeote, vous vous demandez pourquoi ces gens sont allés monter des tipis au milieu de la steppe, et pas des yourtes comme tout le monde. Et bien nous nous sommes également posé la question et deux explications demeurent, toutes deux n’étant que moyennement satisfaisante. 1 : une tribu mongole, les Tsaatans, habite effectivement dans des tipis, mais ils n’habitent pas du tout dans cette région. 2 : c’est juste pour changer des 1000 camps de yourtes.

Bien qu’un peu perturbant sur le plan intellectuel comme vous l’avez vu, le camp est bien confortable, les tipis sont drôlement chouettes et la terrasse « à la balinaise » est très agréable quand les rayons du soleil daignent faire leur apparition. Après un bon déjeuner et nous être installé dans notre tipi, nous partons pour une petite promenade en compagnie de Sylvain, le patron de la fameuse agence de voyage.

Nous partons visiter un petit temple situé dans le cirque voisin. Nous contournons donc paisiblement la montagne, dans un paysage un peu désertique, croisons quelques ovoo (si vous êtes sages, je vous expliquerai ce qu’est un ovoo) et Claire en profite pour nous raconter la légende associée au temple que nous nous apprêtons à visiter : Il y a environ longtemps, Zanabazar, un mec un peu magique qui était philosophe, sculpteur et accessoirement Bogd Khan (l’équivalent mongol du pape), en conflit avec le Khan de l’époque, était venu se cacher dans ce temple. Trop vener, le Khan enfourcha son cheval et galopa jusqu’au monastère où, ne trouvant pas le vil Zanabazar, il fit agenouiller tous les moines et leur coupa la tête un à un. D’où le nom Khognookhan ! Mes connaissances en mongol ne me permettent pas le moins du monde de comprendre le lien étymologique, donc je fais confiance.
Après une petite marche, nous arrivons enfin au fond du cirque voisin, où siège le fameux temple. Après un petit incident (le chien de Sylvain étant rentré dans le temple, on a failli se faire tuer par la famille de nomade qui habite là…), nous visitons le temple flambant neuf. En effet, il sent fort la peinture, une des pièces a même été complètement vidée de ses meubles pour le repeindre. Mais bon, le cadre est joli, les objets restant sont jolis (bien qu’un peu kitsch), c’est top.

Il est alors temps de rentrer. Inspirés, nous décidons de changer de route pour le retour et de gravir la montagne qui nous sépare du camp, plutôt que de la contourner. Arrivés au sommet, la vue est à couper le souffle : le temple d’un côté, le camp de l’autre, les montagnes derrière nous et devant, la steppe à perte de vue : un paysage à moitié lunaire, des plaines, des dunes, des montagnes et ca et là, des yourtes perdues au milieu de ce paysage apocalyptique. On profite, on souffle un peu et hop ! On essaye de descendre. Et là, c’est le drame. L’autre versant est beaucoup plus raide. Du coup, on souffre un peu pour descendre, on s’en sort avec les mains un peu pourries, on arrive avec les jambes un peu lourdes mais on arrive.
Et là, petit instant de surréalisme, nous nous installons confortablement sur la terrasse et Amuka, la copine de Sylvain, arrive avec des pastis pour tout le monde. Petit détail : Sylvain vient de recevoir un container de nourriture de France et un des objectifs du weekend était de gouter les différents plats (et vins) arrivés. Après un fort bon repas donc, nous discutons tous les 6 (Lucie, Claire, Sylvain, Amuka, le chauffeur et moi), parlons des mariages mongols, apprenons que les Kazakhs ont pour habitude de tous se casser la gueule lors des mariages, sinon, le mariage ne sera pas solide. Au bout d’un certain temps, la nuit tombe (une des phrases les plus inutiles du monde) et il commence à faire un peu froid. Nous nous replions alors sous le tipi et quelques instants plus tard, Amuka nous rejoint avec le remède mongol contre le froid : une bouteille de vodka (Chinggis bien sur). Et nous voila parti pour une partie de Moujik (un jeu de cartes) endiablée, arrosée de moult shots de vodka. Puis voici venu le temps d’aller se coucher.

La nuit est malheureusement de courte durée : dès 8h, Amuka nous tire du lit, les chevaux vont arriver. Un petit déjeuner royal (Nutella, crêpes, miel et Cie) et nous voyons effectivement arriver un nomade avec ses chevaux. Première tentative, nous décidons de partir vers l’Ouest (je crois) pour aller voir les dunes du Mongol Els (un petit champ de dunes posées au milieu de la steppe). Mais si Claire et Sylvain gèrent le cheval, Lucie et moi sommes beaucoup moins confiants (ma dernière expérience hippique, il y a fort longtemps, n’ayant pas été un franc succès). Le nomade saisit vite qu’on ne maitrise pas totalement la chose et nous partons au pas, tenus par la longe. La promenade est plaisante, les paysages toujours aussi surréalistes (toujours un peu désert mis à part quelques touffes d’herbes), mes fesses sont un peu talées (les selles mongoles consistent en une planche, décorée soit mais dépourvue de coussin et donc peu confortable). Après un certain temps, notre guide s’inquiète, on n’a pas vu Claire et Sylvain depuis un bail. Notre guide nous confie à un éleveur qui ramène son troupeau en direction du camp.
Nous rentrons paisiblement quand un second instant de surréalisme survient : nous sommes perdus au milieu de la steppe, à cheval, promenés par un éleveur en tenue traditionnelle quand soudain, nous entendons un vague « Biip biip » et hop ! Notre nomade sort son portable, envoie un texto et reprend la route…
Peu à peu, on s’enhardit et avec Lucie, nous demandons à notre guide de lâcher la longe et essayons de rentrer par nous-mêmes. Et là, difficulté de la communication, notre guide nous sourit, garde les rennes et part au petit trot (très petit trot à vrai dire, mais déjà un peu trop pour nous).

Après une petite pause, Claire veut repartir. Un peu hésitant, mes jambes ayant déjà du mal à se remettre de la première balade, je me laisse finalement tenter on nous repartons de l’autre côté, pour voir un rocher sur lequel on peut faire de l’escalade (Mythe ou réalité, je ne le saurai pas, puisqu’on n’a finalement pas trouvé le rocher). Après moult gesticulations, j’arrive à faire comprendre à l’eleveur qu’il peut me lâcher, que j’aimerai bien essayer de gambader un peu libre. Les paysages sont une fois encore magnifiques : les steppes, les montagnes, nous croisons un rocher qui doit être un peu sacré puisque recouvert de khadag, des sortes de foulards sacrés que les bouddhistes attanchent aux endroits qu’ils aiment/respectent, je n’ai pas compris dans le détail, des ossements gisent un peu partout, abandonnés par les vautours, quelques troupeaux… Je fais peu à peu des progrès et je finis même par galoper tel Genghis dans la steppe (la réalité n’est pas si glorieuse que ca, c’est en fait l’eleveur qui m’a fait une petite blague et qui a fait partir mon cheval au galop…) (Mais j’ai tenu).

Après deux heures de promenade, j’en ai plein les yeux, j’ai les cuisses en feu, mes jambes ont du mal à me porter, mais je suis ravi. Un dernier déjeuner, une petite sieste et hop, nous repartons pour 6h30 de voiture, toujours aussi chahutés, dans la nuit cette fois.
Voila, ce fut un chouette week end, le retour dans la pollution d’UB ne faisait que moyennement plaisir. Mais bien d’autres petites escapades sont en préparation…
Bises

mardi 20 mai 2008

Un dimanche au Palais de la Lutte

Bien le bonjour à tous, cela fait bien longtemps que je n’ai pas écrit sur ce blog. En effet, après avoir visité trois musées et deux temps, j’avais épuisé toutes les possibilités de distractions un peu culturelles de la ville. Du moins le pensais-je… En réalité, j’avais oublié la lutte.
En effet, il y a trois sports nationaux en Mongolie : le tir à l’arc, le cheval et la lutte. Ce dimanche, nous avons donc décidé de nous rendre au palais de la lutte pour voir à quoi ressemble cette fameuse lutte mongole.

A 15h, nous nous installons dans les gradins (pas très confortables pour l’anecdote) au milieu de mongols (comme dans les stades de foot en Europe, on peut compter les femmes présentes sur les doigts d’une main) et on attend, en observant les lutteurs qui se changent dans les gradins (à quoi bon construire des vestiaires) et en écoutant Ankhaa nous donner quelques explications sur les tenues, les règles.... Une demi-heure en retard (Normal, on est en Mongolie), le spectacle commence.
Les juges entrent d’abord, dans leur chouettes dels rouges et bleues, suivis d’un paquet de lutteurs, qui entrent en faisant la danse de l’aigle. C’est d’abord un peu déconcertant de voir ces masses en slips bleus sautiller en agitant les bras mais on s’y fait, c’est même plutôt joli au bout d’un certain temps. Tout ce petit monde s’aligne et c’est parti pour les présentations des lutteurs.



Globalement, on ne comprend pas et c’est un peu long. Heureusement, ils ne présentent pas les 128 lutteurs mais ca prends quand même un certain temps.
Alors surgit un chanteur en compagnie d’un joueur d’un instrument de musique au nom inconnu mais typique d’ici et les voila parti pour un morceau de musique pas désagréable bien que la sono soit un peu trop forte et que la signification profonde du morceau m’échappe quelques peu. Ce paragraphe n’est pas très utile, j’ai une vidéo mais je ne sais pas trop comment la mettre en ligne et avec les connexions mongoles, j’en aurais pour environ mille heures, donc peut être qu’un jour, je l’enverrai…

Enfin, on entre dans le vif du sujet : la lutte. Pour être honnête, le sport en soi est certes impressionnant à regarder (voire des énormes masses se jeter dans tous les sens, c’est distrayant), le plus drôle et/ou le plus intéressant, c’est toute la culture et les rituels autour…


Le premier détail qu’on remarque est bien entendu la tenue de ces valeureux lutteurs. Pour l’anecdote, la forme bizarre du T-shirt vient du fait que dans des temps anciens, des femmes se faisaient passer pour des hommes et luttaient, d’où le développement de ce demi T-shirt dans lequel une femme se ferait vraisemblablement remarquer, à moins d’être dépourvue de poitrine… En revanche, aucune explication à propos du petit slip. Il y a aussi une petite histoire autour des couleurs, le rouge symbolisant le feu et le bleu les cendres, mais j’avoue ne pas avoir tout compris à ce chapitre. Ils portent aussi des bottes en poils de je ne sais quel animal ainsi qu’un petit bonnet assez mignon. Derrière le bonnet, deux petits bouts de tissu rouge sur lequel ils brodent un bandeau jaune à chaque tournoi remporté.

Dans l’arène, tout le monde combat en même temps (enfin ils se battent 2 par 2 mais il y a une dizaine de combats en permanence). Les combats sont entourés de toute une série de rituels qui rendent le tout un peu incompréhensible, entre les 10 juges, les 20 lutteurs et encore d’autres qui courent dans tous les sens en faisant la danse de l’aigle ou en se tapant sur les cuisses… En résumé, avant le combat, les lutteurs font une petite danse de l’aigle autour du juge, laissent leur bonnet au juge et partent s’échauffer autour d’un petit plot avec un drapeau mongol (enfin je pense qu’ils s’échauffent mais globalement ils font juste encore un petit coup de danse de l’aigle et ils se tapent sur les cuisses). Et c’est parti pour le combat, ils se tapent dessus, se poussent, se tirent les cheveux, s’attrapent par le slip ou par la ficelle du T-shirt, ils se secouent, jusqu’à ce qu’un des deux tombe par terre. Et alors les lutteurs remettent leur petit bonnet et c’est reparti pour toute une série de danses de l’aigle, de tapes sur les cuisses en courant partout…
Nous avons donc passé tout l’après midi à regarder ces bons lutteurs se taper dessus puisque 3h30 plus tard, j’ai du partir avant même la fin pour me rendre à l’inauguration d’un restaurant français, enfin voila, c’était long, mais c’était marrant. Pour la petite histoire c’est un grand en rouge qui a gagné, c’est normal, il faisait 2 têtes de plus que tout le monde…
Des bises,

vendredi 2 mai 2008

De la meteo...








Bien le bonjour à tous,
Je tenais aujourd’hui à vous faire partager un aspect important de mon voyage : le climat. Si vous lisez un peu les nouvelles que je peux donner, peut être aurez vous remarqué un certain manque de cohérence dès que j’en viens à parler du climat.

En effet, c’est le printemps. Au début, tout le monde m’a dit que le printemps était une super saison, que c’était quelque chose de formidable… En réalité, la principale raison pour laquelle les mongols aiment le printemps, c’est qu’enfin, après 6 mois d’hiver, ils peuvent sortir de chez eux sans avoir à se rentrer se réchauffer toutes les 5 minutes pour éviter de tomber d’inanition. (J’avoue, je ne sais pas trop ce que veux dire inanition mais j’aime bien)

En réalité, le printemps mongol est une saison difficile pour tout être humain non mongol, et ce pour une simple et bonne raison : on change de saison toutes les 2h. Il y a un proverbe ici qui dit que le printemps mongol, c’est 4 saisons en une journée.

Demonstration : petit résumé en image de la journée de jeudi dernier.
9h, au moment de partir au travail, je constate qu’il neige. Je m’équipe donc en conséquence et part au boulot armé de mon gros manteau, mon bonnet, mes gants et tout le reste de l’attirail.

11h, je ressors du boulot pour un rendez-vous et je constate avec effroi qu’il fait 20° et que je suis bien mal dans mon gros manteau d’hiver alors que dehors, c’est l’été et que les mongols ont sortis T-shirts et lunettes de soleil.

13h, le vent se lève et, conséquence directe, à 14h, c’est la tempête de sable. Le ciel est marron, impossible de faire 2 pas sans avoir du sable plein les fringues, plein les yeux (voila la réelle utilité des lunettes de soleil que j’a malencontreusement laissé chez moi ce matin, loin de penser que j’aurais besoin de lunettes de soleil sous la neige) et plein la bouche !

Vers 16h enfin, le vent se calme, le ciel redevient bleu, le soleil brille à nouveau (à vrai dire, le soleil ne s’était jamais arrêté mais on ne le voyait plus vraiment), mais cette fois, il doit faire 3-4° et je me les gèle sévèrement lorsqu’à 18h, je sors du boulot en petit pull, pensant naïvement que le beau temps était de retour.
Et tous les jours, c’est peu ou prou la même chose. Ces fourbes de dieux de la météo changent chaque fois l’ordre pour brouiller le jeu mais il neige régulièrement, on a une tempête de sable tous les 2 jours en moyenne.

En revanche, en un mois, je n’ai toujours pas vu la moindre goutte de pluie. Un jour, on m’a dit qu’il avait plu. Je n’y croyais que moyennement mais il faut reconnaitre que le lendemain, j’ai vu une touffe d’herbe verte. Mais il parait qu’il va pleuvoir en juin…
Sinon, je vais bien, la prochaine fois, j’essaierai du vous raconter mon travail mais il faudrait que j’y réfléchisse sérieusement pour comprendre ce que je fais.

samedi 26 avril 2008

Week end a Terelj


L’amie Zonzon m’ayant rejoint pour 2 semaines dans ma retraite mongole et ayant déjà, durant sa première semaine ici, écumé la moitié des bars de la capitale, nous nous devions de quitter Ulaanbaatar et d’explorer un peu la vraie Mongolie. Suivant les recommandations de mes collègues, nous décidâmes de partir pour Terelj, une réserve naturelle pas bien loin d’UB. Le concept : prendre un bus le samedi à 16h, trouver un endroit où dormir puis trouver un moyen de rentrer. Ce plan était intéressant et rigolo, mais plus que risqué, nos connaissances en mongol se limitant à « Bonjour, tout droit, tourne à droite, merci ! »…

C’est alors que jeudi soir, alors que nous terminons lamentablement avant-derniers du quizz dans le pub où nous étions sorti, nous faisons la connaissance d’Azaa et Byamba qui voulaient aussi aller à la campagne ce weekend end (douce coïncidence). Après quelques bières, nous décidons d’y aller ensemble, Azaa se met à rêver d’un gros barbecue, nous pensons qu’elle est saoule et qu’elle va se rétracter le lendemain mais non ! Nous voilà partis !

Rendez-vous fut donc pris le samedi, 14h30 devant le State Department Store « pour faire quelques courses ». Azaa n’a en effet pas DU TOUT abandonné son projet de barbecue et se lance comme une dératée dans les rayons du supermarché à la recherche de thé, de bière, de viande, de salami… Après une heure de courses acharnées, après avoir failli rater le bus pour s’être arrêté manger dans un petit restaurant 15 minutes avant le départ et s’être retrouvé à gober en 3 minutes une soupe bouillante, nous voila partis.
Le bus pour Terelj est un bon moment de rigolade : 2h pour faire une soixantaine de kilomètres, un petit côté montagne russe, 120 personnes pour les 40 places, il n’est pas rare de trouver toute la famille sur une seul banquette (papy, papa, maman et les 3 enfants, limite le petit dernier dans le compartiment à bagage). Evidemment, étant arrivés à l’arrache, nous nous sommes retrouvés debout pendant tout le trajet, ce qui somme toute n’est pas bien grave, mis à part l fait d’être obligé de se contorsionner pour pouvoir regarder les paysages et les différents troupeaux qui défilent devant les fenêtres. 2h et un bon mal de dos plus tard, nous arrivons à Terelj.
Le bus nous pose donc au bord de la route, au milieu de rien. On s’est pas foutu de notre gueule, c’est beau. Des collines, des montagnes, des rochers, le soleil commence à descendre sur tout ca, des mecs montés sur des chevaux passent à côté, suivis par des gamins sur des chameaux. Enorme. Cependant quelques caractéristiques méconnues de ces fameuses steppes méritent, je pense, d’être précisées. Tout d’abord, les steppes ne sont toujours pas vertes fin avril et parait-il ne le sont vraiment pas souvent. Aux dires d’un de mes collègues « Il pleut en juin, ca pousse, il fait trop chaud en juillet, ca crame, il repleut un peu en août, ca repousse et en septembre, tout est grillé ». Le second point caractéristique des steppes est l’omniprésence de bouses, crottins et autres déjections animales.
Je m’égare.
Donc nous sommes à Terelj (enfin aux environs de Terelj), le bus est parti et autour de nous, il n’y a rien, si ce n’est Turtle Rock, un rocher qui ressemble à une tortue. (logique !)
Une petite marche et le fantasme des steppes désertes tombe à l’eau : derrière Turtle Rock, des hôtels, une cabane-épicerie, des camps de yourtes… Partir dans un des parcs nationaux les plus populaires et les plus proches d’Oulan-Bator n’était peut-être pas la meilleure idée pour être dépaysé… Déception de courte durée : tous les ger camps (les hôtels en forme de camps de yourtes) sont complets (rapport au fait que c’est un des premiers weekends où il fait beau et chaud et que les mongols aussi, se sont payé une petite virée à la campagne).
Finalement, notre salut est arrivé en 4x4 gris dernier cri en la personne de Batjargal, peintre de profession, qui avait une yourte libre derrière la sienne et qui propose de nous héberger moyennant 20,000 tugriks la nuit.

On se retrouve dans un camp de « nomades » : 4 ou 5 yourtes, plein de vaches, de chèvres, 2 ou 3 chevaux, autant d’antennes satellites, tout ceci au beau milieu du Parc National, dont le concept même est qu’il est interdit de s’y installer…
Cette soirée est bien vite passée, à base d’une partie de foot endiablée au milieu des bouses, de quelques bières, d’une randonnée au clair de Lune pour visiter un temple perché au sommet d’une colline, d’un vendeur d’antiquité qui nous a fait une petite visite de son coffre aux trésors, … Et voila enfin venu le moment tant attendu : la nuit sous la yourte.
Verdict : Mouais. Globalement, sous la yourte, il fait très froid (il faisait autour de 0°C le soir et on n’arrivait pas à faire du feu… En plus personne n’avait trop envie de se relever toutes les 2h pour remettre du bois dans le poêle), ce n’est pas très confortable (d’autant plus que nous avons du partager le même lit, déjà fort petit, avec Zonzon) et on se fait réveiller beaucoup trop tôt par la complainte d’une chèvre qui pleurait car le voisin tondait ses copines pour le cashmere…
Un petit déjeuner à base de croute de lait (on a eu de la chance, les vrais nomades finissent leurs restes de viande au petit déjeuner normalement) et hop ! On décolle, direction les montagnes qui entourent le camp de yourtes. (Pour être précis, LA montagne à côté du camp de yourtes, car une seule ascension nous a déjà pris toute la matinée. Il faut dire qu’on a pris le versant funky à base de flancs super raides et de gros rochers glissants alors qu’à environ 300m sur la gauche, une voie arrivait directement au sommet en pente douce.) Et arrivé là haut, la vue fait drôlement plaisir. Mis à part un hôtel pas très harmonieux aux toits oranges, c'etait assez fou. En y reflechissant, c'était avant tout des grands champs de poussière et de bouses, mais enfin l'effet est réussi.

Une fois de plus, mon post est 1000 fois trop long et je ne sais trop comment conclure donc je vous dirai juste qu'on a fait un barbecue, on a vu des chameaux et on est rentrés.

Bien à vous,

jeudi 24 avril 2008

La folle histoire de mes poubelles.

Bonjour à tous,
Pour vous faire patienter, en attendant le récit du weekend end dernier que je n’ai pas eu le temps d’écrire, je m’en vais vous narrer la merveilleuse histoire de mes poubelles.
Depuis mon arrivée ici, je me posais une question primordiale sur la culture mongole : que font les mongols de leurs déchets ?

En effet, point de bennes à ordures, peu de poubelles dans la rue, point de local à poubelle dans l’immeuble… Durant ces 3 semaines, mes poubelles s’entassèrent donc dans un coin de ma cuisine, le volume de bouteilles (d’eau je précise) vides commençait à représenter une inquiétante de l’espace.


Alors que je m’apprêtais à demander à mes chers collègues ce qu’ils faisaient de leurs poubelles, Zonzon me dit un soir, triomphante, « Eureka, je sais où il faut mettre les poubelles ! ». En effet, elle avait vu la journée précédente un camion s’approcher de la petite cabane au milieu de l’aire de jeu pour enfants, devant mon immeuble. Un peu pressé par le temps et un peu chamboulé par le fait que les petits mongols jouent dans les poubelles, je me suis dit que soit, la cabane à poubelles pourrait attendre mon retour de weekend end pour recevoir mon offrande (fort massive pourtant).
Mal m’en a pris, à notre retour de weekend end, la susdite cabane n’était plus de ce monde. A son ancien emplacement gisait un tas de gravât qu’un honnête homme essayait de rassembler dans son coffre.

Reprenant le cours normal de mon activité, cette question (pourtant essentielle) sortit quelque peu de mon esprit lorsqu’un soir (un autre), Zonzon reprit son air triomphal pour m’annoncer que, cette fois, elle avait bel et bien trouvé la réponse à mon problème suite à une discussion mouvementée avec la concierge, fort gentille mais peu portée sur les langues étrangères, ce qui nuit à la conversation.

Au pied de l’immeuble, un escalier qui descend, qui aurait pu être l’escalier de la cave, sert donc le local à poubelles et recueille les déchets des moult familles vivant ici… Surprenant, mais cela explique pas mal de choses : voici pourquoi je retrouve régulièrement divers objets sur mon balcon. Le voisin du dessus doit avoir quelques soucis pour viser l’escalier avec ses canettes de bière, emballages divers et variés et autres ballons crevés…
Un jour peut être vous raconterais-je comment les camions poubelles ramassent ces fameux immondices accumulés dans l’escalier.
Tendrement,

dimanche 13 avril 2008

Encore !

Bien le bonjour,

Me voici donc pour la suite de mes aventures mongoles.
Je crois qu'on peut dire que ma tentative d'entrée sur la blogosphère n'est pas un franc succès, mais je vais essayer de vous faire partager un peu de ma vie ici depuis la semaine dernière !



Tout d’abord, le boulot :

Mon stage est hyper intéressant, mais un peu compliqué. J’ai plein de choses à faire, mais je ne sais toujours pas quoi précisément, mon boss n’étant pas très clair. Je crois que d’une part, il ne sait pas vraiment précisément ce qu’il y a à faire, et que d’autre part, je ne comprends pas tout ce qu’il me dit en raison de son fort accent australien et du fait qu’il se marre à la fin de la moitié de ses phrases. Ce qui fait qu’en général je rigole bien aussi mais que je ne comprends pas tout. De plus, mes collègues mongoles, si elles bossent très bien, ne sont pas non plus hyper impliquées dans le développement de l’affaire et ne débordent pas d’enthousiasme à l’idée de lancer de nouveaux projets (ie plus de travail). Mais cela dit, je me régale : pas mal de missions très différentes, je me promène un peu partout, rencontre plein de gens et découvre plein de choses.

L’équipe est assez sympa, j’apprends à les connaître petit à petit et j’adore ! A part les moments de solitude à la pause déjeuner où je me retrouve seul au milieu d’une dizaine de mongols parlant mongols et enchainant blagues, ragots et autres discussions que je ne saisis pas, le mongol restant pour moi encore un enchevêtrement indescriptible de sons que je n’imaginais pas forcément prononçable et encore moins enchainable aussi rapidement (le terme enchainable n’existe pas nécessairement). Mais bon, je rit bien avec mes collègues qui essaient d’apprendre le français, de m’apprendre le mongol (et qui se foutent de ma gueule en raison de mes difficultés de prononciation), qui font des blagues et se marrent (Globalement, le mongol aime faire des blagues et se marrer).
Mais travailler en Mongolie, c’est avant tout un enchainement de situations assez cocasses. Petit florilège :
- Mercredi après midi, en revenant de la pause déjeuner, nous constatâmes avec effarement que le bureau était privé d’électricité. Point d’affolement, la procédure semble relativement rodée. Ne pouvant travailler, on s’occupe en rangeant le bureau et, au bout d’un moment, comprenant que le courant ne reviendra pas avant la fin de la journée, on cherche autre chose à faire, genre coller des affiches dans le magasin.
- Quand on donne une présentation au parlement, on se dit que, faute d’avoir les moyens de corrompre tout le monde, il faut en mettre plein la vue à tout le monde. On sort donc l’artillerie lourde : nos meilleurs vins « Baron Philippe de Rothschild » (qui sont en fait des vins de sa filiales chiliennes à environ 9,000 tugriks (soit environ moins de 6 euros), et on envoie un expert un vin (moi, crédibilisé par le titre ronflant de Sales & Marketing Manager de mes cartes de visite et par le fait que nos interlocuteurs ne parlent pas anglais et que ma collègue pourra filtrer mes bêtises lors de la traduction).
- Vendredi soir, lors de la soirée organisée avec toute la boite, je me suis retrouvé à parler, entre deux bières Chinggis et une tournée de vodka Chinggis, avec le chauffeur de l’agence de voyage, en langage des signes, qui me passait en revue toutes les filles de l’agence pour me dire lesquelles étaient intéressantes… Tout ce que j’en ai compris, c’est que les 2 petites comptables l’intéressaient énormément et que 2 de nos collègues n’étaient pas trop disponibles puisqu’enceintes…
- Passer à après-midi à tenter de faire fonctionner une imprimante couleur achetée au black en Chine, essayer pendant des heures de comprendre les €€€€€ du logiciel en chinois, tenter tous les boutons pour se rendre compte que ce ne sont pas les options d’impression qui merdent mais bel et bien l’imprimante et finalement se rendre chez Xerox (soit 40 minutes de taxi), les doigts et la moitié du visage couverts d’encre pour imprimer une feuille A4 en couleur, feuille qui sera finalement détruite par la machine pour plastifier les documents, qui a décidé de planter ce jour.

Voila pour le boulot. Venons-en maintenant au plus important : le reste de ma vie ici.

Cette semaine, j’ai encore fait pas mal de rencontres : Un français rigolo qui a quitté la Réunion le jour où il a compris qu’il fumait trop de joints pour exercer une quelconque activité, qui a débarqué à Ulaan-Baatar avec une idée d’ONG mais qui, depuis 4 mois, ne sait pas trop que faire, encore moins comment le faire et qui enchaine les petits boulots, un conseiller de l’ambassade qui est aussi le DJ Star d’UB, une américaine qui s’appelle Ming mais qui n’est pas chinoise (j’y peux rien, c’est elle qui se présente comme ca) et qui, je crois, donne des cours à l’école internationale, mais je n’en mettrais pas ma main à couper, rapport au fait que je ne comprends qu’un mot sur 4 de ce qu’elle me dit.

Et tout un tas d’autres, notamment une petite équipe de stagiaires français, de l’ambassade ou diverses agences de voyage, qui sont très sympathiques et avec qui je continue ma petite découverte de la Mongolie.

La Mongolie, parlons-en, c’est quand même le cœur du débat.

Le printemps en Mongolie, c’est un peu la meilleure saison, mais un peu la pire. Le soleil revient, pas un nuage dans le ciel, il fait bon, voire presque chauds certains après midi au soleil…
L’autre caractéristique du printemps, c’est le vent. Le vent ne souffle à peu près qu’au printemps parait-il et balaye un peu la pollution qui englue un peu toute la ville (entre les centrales, les yourtes en périphérie qui se chauffent au charbon ou en brulant tout ce qu’elles trouvent, les voitures, nombreuses et qui n’ont pas la pastille verte) (pour ma part, depuis qu’on m’a dit ca, j’ai peur de voir arriver l’été et envisage d’acheter quelques bouteilles d’oxygène, de peur de ne plus en trouver si la pollution augmente encore). Le problème majeur avec ce fameux vent, c’est les nuages de poussière qu’il soulève, l’herbe ayant déserté le pays depuis environ septembre dernier.

Mais bon, globalement, le climat est très supportable et permet de découvrir un peu la ville. Ce week-end, petite virée au temple du Gandan (Gandantegtchilin pour les amoureux du détail, mais je ne me vois pas écrire tout ca si jamais je me vois obligé de répeter ce nom dans la suite du message), le plus grand temple d’UB et au palais d’hiver du Bogd Khan (un roi, qui avait un joli palais au sud de la ville) samedi après midi avec Claire et Bérengère, mes camarades nouvellement arrivées ici en compagnie de Jagui, jeune guide touristique qui nous a fait visiter tout ca avec le sourire, « pour réviser avant que les touristes reviennent parce qu’elle avait tout oublié pendant l’hiver ». Cela dit, je suis presque heureux qu’elle en ait oublié car je suis déjà rentré la tête un peu perdue au milieu de tous ces dieux bouddhistes qui sont environ trop nombreux pour que j’y comprenne quelque chose en une journée. Mais enfin globalement, c’est très beau, on a nourri des pigeons au monastère et mangé un gros cheeseburger en rentrant.

Et ce dimanche, virée au Naran Tuul, le marché noir d'Oulan Bator, un truc énorme, genre comme un marché mais en 100 fois plus grand, plus bordélique, un peu plus dégueulasse (le rayon boucherie n'est pas des plus inspirants).
Un endroit magique où on peut environ tout trouver, de la soie, des fringues trop bling bling, des meubles, des selles de cheval, de la nourriture, et à peu près tout ce que tu peux imaginer.
Voila, sinon, j’aurais environ 1000 choses à vous raconter, c’est vraiment un pays génial, les gens sont super, on vit un peu à mi-chemin entre le moyen âge et l’époque actuelle, mais ce message est déjà beaucoup trop long, promis j’essaierai de faire plus court à l’avenir…

dimanche 6 avril 2008

Et oui ! 2 posts en une fois !

Je pensais vous donner des nouvelles après vendredi soir, mais bon, je ne reviendrai pas sur mes déboires relatifs à la difficulté de trouver une connexion à Internet fiable. Voici donc de suite la suite (et pas la fin) de mes aventures Oulan Batoriennes (ou pas, je sais pas comment on dit).

Après une semaine de travail, point de répit : point de grasse matinée en ce doux samedi et dès le matin, mission Supermarché. En effet, de 10h à midi, au supermarché à côté de chez moi, c’est… Happy Hour ! Sous chaque produit, deux prix : le prix normal et le prix « Bizness », un peu moins cher… Ne pouvant pas tenter l’expérience en semaine, j’ai profité de mon premier week-end pour tenter.




Ici, le supermarché, comme tout le reste, devient vite une aventure. Les étiquettes, écrites soit en mongol, soit en russe, soit en chinois, sont une bien piètre aide et les quelques produits dont les étiquettes sont en anglais sont le Nutella, les bonbons Haribo et autres produits agréables mais importés de bien loin et atteignant des prix relativement exorbitants. On se repère donc à la tête des produits, quand celle-ci est d’une quelconque aide, à l’odeur (éviter le rayon de la viande), et puis au bout d’un moment, on se replie sur le rayon des fruits (et oui), des biscuits, des nouilles chinoises…

Après un copieux repas (nouilles chinoises), je m’en vais faire un tour dans la rue. Après deux heures de marches un peu aléatoire dans les rues, après avoir croisé Lénine, Gengis Khan, après être tombé par hasard sur le magasin de ma boite que je ne pensais pas être capable de retrouver un jour, je me suis choisi une destination : le temple du Choijin Lama ! Enfin, de temple, il n’a que le nom puisqu’il n’aura servi de temple que quelques années. Construit au début du siècle dernier, il sera interdit par les russes dès les années 20. Heureusement, il a été sauvé de la destruction et transformé en musée, témoin de la féodalité et de l’arriération des mongols avant l’arrivée du grand frère soviétique… Depuis, le temple est toujours là, désert car il n’a pas été rendu au culte et les touristes ne sont pas encore arrivés.


Puis c’est le retour à l’appartement et l’heure du bricolage. Ici, la technologie arrive petit à petit, en témoignent les écrans géants et les téléphones portables dernier cri qui sonnent partout et tout le temps dans la rue. Mais dans l’ensemble, c’est le bricolage et le système D qui prédomine, avec ses avantages et c’est inconvénients. Par exemple, l’isolation des fenêtres de ma chambre, réalisée à base de scotch, est très efficace. En revanche, elle complique un peu les choses quand on tente d’ouvrir ladite fenêtre.

Après avoir tenté de saisir les modalités de fonctionnement de ma machine à laver en plastique bleu made in Japan, voici venu le temps de m’occuper de mes portes de placard. Le meuble de la cuisine est très beau : d’un vert qui chatouille l’œil, avec des poignées brillantes et des vitres très propres (je pensais au début que la vitre de droite était très propre, mais en fait, il n’y a pas de vitre). Le souci majeur de ce meuble vient du fait que les charnières ont été vissées à l’envers. Les portes sont donc astucieusement posées de façon à paraitre droites. Ouvrir le placard est donc simple, en revanche, il est beaucoup plus dur de le refermer puisque la porte est restée dans votre main.

Donc après ce bref épisode bricolage, avoir tenté de demander à la concierge quelle était l’adresse de mon immeuble et réalisé que je n’arrivais ni à comprendre ce qu’elle me disait ni à lire ce qu’elle m’écrivait, je me suis donc décidé à rentrer chez moi et passer la soirée tranquillement, entre mes nouilles chinoises et ma télé.
A bientôt pour de nouvelles aventures !

Et une semaine ! une !

Bonjour à tous,
Comme vous avez du vous en douter, il n’est pas forcément très aisé de vous donner des nouvelles très détaillées, n’ayant internet ni chez moi, ni au boulot, sauf pendant la pause déjeuner, durant laquelle je préfère déjeuner, sans vouloir vous faire offense. Non que la sélection soit alléchante (pork sandwich, avec ou sans graines de sésame sur les petits pains…) mais parce qu’arrivé 13h, je crève la dalle.
Donc voila, j’ai commencé à travailler. Après avoir passé les 3 premiers jours à me balader chez quelques clients, chez les concurrents, dans les supermarchés pour me faire une idée un peu globale du marché, j’ai commencé à vraiment travailler, mais c’est pas encore trop trop clair donc je vous en parlerait plus tard. En tout cas, le bureau est sympa, je bois pleins de café et j’essaie d’apprendre le mongol avec mes collègues dont je n’arrive pas à retenir le nom.


Je continue à rencontrer plein de gens rigolos. Jeudi soir, mon boss m’a invité à aller voir une pièce de théâtre jouée par des expats qu’il connaissait et où ils servaient du vin à l’entracte. Donc la pièce était marrante et pendant le buffet, j’ai rencontré Eljas, un kazakh venu passer le TOEFL à UB avec qui j’ai discuté du Kazakhstan, des difficultés d’intégration des minorités kazakhes dans l’Ouest de la Mongolie et des choses à voir dans les aimags de l’Ouest et un diplomate suisse qui travaille pour l’agence suisse d’aide au développement et qui aurait pu être très intéressant s’il n’avait pas été si ennuyeux : en un quart d’heure, il m’a raconté toute l’histoire de la Suisse, l’origine du nom « Suisse », l’histoire des armées russes venues combattre la révolution Française à la fin du XVIII, les liens existants entre la Suisse et la Mongolie… Il y avait aussi toute une tripotée d’Américains et d’Allemands mais comme il y en avait plein je les confonds tous un peu.


En bonus, deux anecdotes cocasses : la pièce était au profit d’une fondation qui vient en aide aux mongols mongoliens et avait lieu au State Department Store, LE grand magasin d’UB, sorte de Galeries Lafayette à la sauce locale où on peut tout trouver : des fringues, de la nourriture, un rayon cosmétique impressionnant, de l’électroménager, des banques, des yourtes et… un théâtre au 5° étage !


Vendredi soir, enfin, j’ai retrouvé Miga, une jeune fille rencontrée à la guesthouse et on est allé manger un morceau (une salade soja-comcombre-steack pour être précis… Les mongols on le secret des mélanges un peu douteux) et boire une pinte de Chinggis Beer. Pas moins de trois coupures de courant durant le diner, mais apparemment, les mongols sont habitués et, une fois passés les sifflements et les quelques blagues graveleuses que je ne comprends pas, les conversations reprennent à la lumière des bougies prudemment laissées sur les tables. Miga est une jeune femme d’affaire mongole : elle monte des business et elle se lasse alors elle arrête : après avoir vendu des fringues chinoises à la campagnes pendant 3 ans, elle vient d’ouvrir un nouveau business à UB il y a un mois mais je n’ai pas compris le concept et de toute façon, elle en a déjà assez et elle veut ouvrir un restaurant (elle adore les légumes, je n’ai pas osé lui dire que je n’irai jamais dans son restaurant…).

Sinon, en bref, c’est la canicule, il fait 10-15° l’après midi, les mongols sortent shorts et lunettes de soleil. Autant dire que je ne fais pas le malin avec mon gros manteau d’inuit. J’essaie d’apprendre des bases en mongol mais c’est pas évident, la prononciation s’apparentant souvent à un long raclement de gorge, mais mes collègues ont décidé de m’aider… Je suis définitivement conquis par la musique et la télé mongole : des karaokés et des séries coréennes ou russes dont on devine la qualité sans même comprendre les dialogues, sans compter l’équivalent local d’Eurosport qui passe de la lutte et du patinage de vitesse ! (au passage, j’ai découvert avec émotion que TV5 Asie diffusait Plus Belle la Vie à l’heure où je rentre du bureau… mais je ne capte mal TV5)
Voila pour cette semaine, à bientôt pour de nouvelles aventures !

lundi 31 mars 2008

Le début...


Je sais pas trop commencer, j'avoue.

Tout d'abord, merci pour tous vos messages, d'anniversaire ou pas, j'ai un peu de mal à répondre, et pour le moment, je suis obligé d'aller manger des croissants chez Michele pour avoir internet...

Me voila donc arrivé à Ulaan Baatar (héros rouge en mongol, ai-je appris ce matin). J'ai de la chance, cette année, il fait un temps plus que clément : -10° le matin, entre 0 et 5 l'après midi, un grand ciel bleu les deux premiers jours, de la neige aujourd'hui... Splendide. Normalement, il fait plutot autour de -15°...


Ulaan Baatar est la ville de tous les contrastes : dans les rues on croise des jeunes complètement bling bling à base de casquettes de marques et autres ustensiles fashion comme des vieux un peu boiteux en costume traditionnel, sur la chaussée, des 4x4 neufs au milieu des "taxis", des voitures d'un certain âge où les mongols s'entassent à 7 ou 8 et des bus bondés, fruit de l'aide au développement japonaise de 1965...

Pas plus d'unité au niveau architectural : des immeubles sovietiques, des immeubles d'un peu toutes les couleurs, des immeubles modernes, des yourtes (n'exagerons rien, les yourtes ne sont pas en plein centre ville, mais certains quartiers sont faits de yourtes posées dans des petits enclos, c'est mignon).

On trouve même une zone industrielle au milieu de la ville, vestige du temps où le grand frère sovietique voulait faire de la Mongolie l'atelier du monde... Le succès de l'opération fut mitigé et la zone industrielle n'est plus qu'un amas de briques et de rouille. Les seules usines encore en fonctionnement sont les centrales à charbon, construites au milieu des habitations car avant le dévloppement de la ville, provoquant une pollution assez dense sur la ville, puisque les vents ne soufflent guère.

Globalement, l'état de la ville n'est pas très reluisant : les immeubles s'effritent un peu, voire les maisons s'écroulent, les trottoirs sont tous défoncés, et à côté de ça, des panneaux publicitaires à tous les coins de rue, des écrans géants diffusent en continu des pubs Coca et Sony alors que les câbles electriques gisent lamentablement sur le trottoir, ...

Mais c'est très beau, c'est sympa, vivant, j'adore !


Après quelques nuits dans une guesthouse, j'ai enfin récupéré les clés de mon appartement, il est super bien situé, à 10 minutes du boulot, du cirque (je ne sais pas encore ce qu'est le cirque, mis à part qu'il est rond, avec le toit bleu et que les fenetres sont recouvertes de portraits de judokas) et juste en face du Mercury Market (un marché, mais c'est un peu LE marché à voir à Oulan Bator, mais je sais pas encore pourquoi, rapport au fait que je n'y suis pas encore allé).


Donc mon appartement fait dans les 30m² (environ, en fait j'en sais rien), avec une chouette chambre (rose, avec une télé et le câble), une salle de bain, une cuisine toute équipée et, accrochez vous, un balcon (Hyper tendance) !


A part ca que dire...

Ah si ! Premiers jours, premières rencontres à l'auberge : Allison la londonienne et Marcial l'espagnol, mes compagnons de bières du soir, Alain, un français, mécano de l'armée en retraite, prétentieux et raciste qui vit aux Philippines car sa pension est pas assez élevée pour vivre en France, et de toute façon, en France, il n'a que sa soeur qui est une salope... Il a vu 211 pays dans le monde, aime pas dépenser des sous, mais il n'est pas radin et il ne se la raconte pas. Sinon, il parle beaucoup et il est très pénible. Heureusement, j'ai quitté l'auberge...

Sinon, les mongols ne parlent pas anglais, mais le peu qui le parlent sont tellement contents de le montrer qu'ils sont hyper sympas. Par exemple, j'ai rencontré Pogi, la fille qui fait les ménages à l'auberge, ainsi que Miga et Bayna (une fille et un mec qui travaillent à l'auberge aussi mais qui en fait passent leur journée sur le canapé à regarder la télé et à éventuellement ouvrir la porte quand on sonne...


Je ne sais plus quoi dire, en gros, je commence à travailler demain, à bientot pour de nouvelles aventures !