lundi 4 août 2008

Retour a Terelj

Bonjour a tous, me revoilà après un bon moment d’absence et de paresse, je vais essayer de vous relater mes dernières aventures. Une fois de plus, cet article sera beaucoup trop long, je m’en excuse, si vous ne voulez pas lire tout ca, ben ne lisez pas.

Zaza étant venue me voir pour quelques semaines, nous sommes partis pour le weekend profiter de la belle campagne mongole et se reposer d’UB et sa chaleur plus qu’étouffante.
Nous avons donc pris la route de Terelj (encore, le parc national à une soixantaine de kilomètres a l’est d’UB pour ceux qui ont oublie, ou qui n’en ont rien à faire) pour un weekend fort sympathique.

Samedi après-midi, nous retrouvons donc Laurence, stagiaire de l’ambassade et Azua, ma fidele comparse, pour faire quelques courses (de la viande, un camembert et moult bouteilles d’eau) et prendre le bus. Le plan : monter dans le bus et voir ce qui se passe, essayer de trouver un coin sympa et si possible, un endroit ou dormir dans ce coin sympa.

Apres s’être répétés pendant les 2h de trajets qu’on trouverait plus joli plus loin, on se retrouve bien obliges de descendre quand le bus atteint son terminus : Terelj, ou plutôt un point X au milieu du parc de Terelj. Nous nous retrouvons donc dans une charmante petite vallée entourée de forets, parsemée de yourtes et de petits troupeaux de moutons, chevaux et autres yacks et, différence majeure par rapport a ma dernière venue, tout est vert, les pluies du mois de juin ont fait leur travail.


On en arrive donc au deuxième point : trouver un lieu ou dormir. Première tentative, nous nous rendons dans un petit « hôtel » (3 yourtes autour d’un bâtiment en dur servant vraisemblablement de cuisine, toilettes et Cie). Nous leur expliquons que nous sommes 4, ils nous répondent qu’on peut avoir 3 lits pour 25,000 tugrugs. Appréciant la logique de la réponse, on s’en va. Nous nous arrêtons auprès d’une famille, les chiens gueulent, ils se prennent des mandales et on nous indique un petit camp de yourte un peu plus bas dans la vallée. Nous reprenons notre petite balade et tombons effectivement sur un petit camp : cinq yourtes au pied d’un bosquet, des enfants qui jouent, des femmes qui s’activent pendant que les hommes sont assis, en train de jouer, chanter et de boire de l’airag. On s’installe.

Tout de suite, les hommes du camp nous invitent à boire de l’airag avec eux. Pour information, l’airag, c’est le fameux lait de jument fermente dont les mongols s’envoient des litres et des litres tous les jours. Donc nous commençons a discuter, a nous présenter en se faisant passer le bol d’airag (ils ne se gênent d’ailleurs pas pour se foutre de notre gueule puisqu’alors qu’ils se descendent le bol de coup, on peine a en avaler plus de 3 gorgées), on discute, ils enchainent les blagues (il faut savoir que le mongol aime la blague, par exemple, nous aurons appris ce weekend que notre voisin s’appelait Zinedine Zidane, que Nicolas Sarkozy était un de ses grands amis, qu’il l’avait au téléphone tous les 2-3 jours et que lui aussi, sortait avec Carla...), en gros, on rigole bien, mais il est bientôt 20h et on part faire un tour au « village » s’acheter quelques bières pour l’apéro.
Le village est mignonet, des cabanes, des yourtes posées sans aucune logique un peu partout autour de LA route, des gens qui se baladent a cheval ou en Hummer, un authentique petit village mongol. Ca ne vaut pas le coup.

A peine avions nous débuté notre apéritif que nos voisins débarquent et nous invitent à manger chez eux. Au menu : Horog (orthographe approximative), du mouton cuit avec des pierres chaudes au préalablement chauffées dans le feu. Le plat n’est pas extraordinaire par lui-même (du mouton et du gras de mouton, comme tout bon plat mongol), mais tout le folklore autour de celui ci est assez drôle. Avant de passe a table, chacun des convives se voit remettre une des pierres qu’il faut tourner dans ses mains (sinon, plus de main, rapport au fait que la pierre est très chaude) et c’est sensé être bon pour le cœur, pour les reins si tu poses la pierre sur ton dos, pour le cerveau si tu poses la pierre sur tes temps... A part des brulures partout, je ne suis pas sur que cela aie un quelconque effet, mais c’était sympa a voir...

Une fois le repas avale, nos hôtes dégainent leurs armes : le bidon d’airag et les bouteilles de vodka. Les tasses tournent, chacun doit chanter une chanson en s’enfilant un bol d’airag chacun son tour et pendant ce temps la, des verres de vodka tournent dans toutes les directions, il fait de plus en plus chaud, ca chante de plus en plus faux, nos hôtes font de plus en plus de blagues, je tente de parler mongol sans succès, on fatigue, l’orage éclate, on a la pétoche, on finit par aller se coucher et on a passe une chouette soirée.

Dimanche, 8h30 (argh ! J’ai oublie de couper mon réveil !), nous voila debout. Apres un bon petit déjeuner, dissipé un peu notre mal de tète, on s’aventure hors de la yourte pour une petite promenade matinale dans la foret, histoire de se réveiller un peu. Et la, surprise ! A 9h, nos amicaux voisins sont déjà dehors, a la même place qu’hier, en train de jouer aux cartes et de s’enfiler des shots de vodka. « C’est bon pour démarrer la journée du bon pied ». Et on ne peut pas refuser (foutue culture mongole). On trempe donc nos lèvres et on se tire, avant que la situation ne dégénère.

Nous partons donc découvrir le petit foret qui se dresse à cote de notre camp. Sur le chemin, nous traversons une petite « rivière » (une bande de steppe un peu plus boueuse que le reste), découvrons que les steppes sont couvertes d’Edelweiss (si les suisses savaient qu’ici, c’est les moutons qui bouffent les Edelweiss...), que les forets mongoles regorgent de fraises des bois qui n’ont pas l’air mures mais qui sont bonnes quand même, que fort heureusement, un nid d’abeilles fait beaucoup de bruit et enfin que quand Azaa décide de s’arrêter faire une couronne de fleur, on ne l’arrête pas même si ca lui prend des heures.

Creuse par cette balade, nous rentrons joyeusement sous la yourte pour un petit barbecue dont Azaa a le secret. C’est drôlement bon, c’est bien gras, c’est bien cuit, on se gave de moutarde que Zaza a eu la bonne idée de ramener. Si bien qu’après avoir à peine mangé la moitie de la viande, nous sommes repus.
Heureusement, nos petits camarades ne tardent pas à nous rejoindre dans la yourte (avec leur fidele bouteille de vodka) (nouveau refus poli) et se descendent allégrement les restes de notre barbecue (et leur bouteille de vodka). Et ca repart en chansons, en blagues, ils draguent Zaza, Azaa et Laurence, un autre veut me faire rencontrer sa fille pour que je lui fasse une dizaine d’enfants, on rigole, on rigole et heureusement, au bout d’un moment, terrasses par la vodka, nos hôtes quittent la yourte pour une petite sieste.

Apres une courte sieste, Alors qu’on se prépare à repartir en promenade, c’est le drame. J’ai perdu les clés de mon appartement, Laurence a perdu ses clés et son portable. On retourne la yourte, fouille le campement, on ne retrouve rien, on décide finalement qu’on s’en fout et on part faire une petite balade a cheval. Petite, vraiment petite même, car nos chevaux ont décidé d’être tous fatigués aujourd’hui et malgré nos efforts, pas moyen de les faire trotter plus de 4 secondes. Qu’a cela ne tienne, on fait un rapide petit tour de la vallee, dans les fleurs, dans le village... et puis bon, voila l’heure de rentrer.

Un peu frustrant cette demie balade, mais on ne se laisse pas démonter. Laurence dégaine de son sac le clou du week end : le camembert. Apres un petit tour dans le poêle, le camembert est tout chaud, tout mou et tout grille (un peu brule même), et nous devenons fous. Azaa est d’ailleurs un peu perplexe devant ce spectacle un peu inhabituel : 3 personnes devenues sauvages devant un fromage fondu… (Fromage qu’elle semble en plus trouver peu apetissant).



Après cet instant gastronomique, on se rend compte qu’il nous reste quand même bien 2h à tuer avant de reprendre le bus. On envisage sans grande conviction de faire la sieste, jouer aux cartes, quand soudain, les enfants du camp, qui jusqu’à maintenant s’étaient tenus bien à l’écart, passent la tête par la porte de notre yourte. On commence à les prendre en photo, ils veulent jouer avec l’appareil photo (2 ou 3 instants d’angoisse) et d’un coup, mon nouveau petit camarade (celui de droite sur la photo) devient fou et commence à se lancer dans une diatribe sur son cheval, je ne comprends rien de ce qu’il raconte mais il parle de son cheval, il veut prendre des photos de son cheval, jette des fleurs sur son cheval, crache sur son cheval (drole d’habitude)… (Pendant ce temps, les autres enfants m’expliquent calmement qu’en fait ce n’est pas son cheval.)

Puis les enfants entreprennent de m’apprendre le mongol. Nous voila partis pour une promenade autour du camp, et les trois gamins, tout excites, voire hysteriques, me hurlent le nom de tout ce qu’ils croisent (une fleur jaune ! une montagne ! de l’herbe ! un bebe chevre !...) Evidemment, ils parlent tous en meme temps, je ne comprends rien, mais ils changent vite de jeu quand ils revoient passer le bebe chevre. Scene epique de course poursuite dans la steppe : les gamins courent apres le-dit bebe chevre en hurlant, en ramassant des fleurs pour la chevre et en me trainant par le bras (mon petit camarade continue a vouloir cracher sur le bebe chevre) tandis que le proprietaire du chevreau, visiblement apeure par la troupe de gamins sauvages fuit aussi vite qu’il peut...
Finalement, n’ayant pas reussi a rattrapper l’enimal, nous finirons l’apres midi par une bataille de pissenlit et voila l’heure de partir. Un des voisins me rapporte mes cles que j’avais perdu dans leur yourte (pour lapetite histoire, je les reperdrai le lendemain en allant au bureau), on reprend le bus, fatigues mais ravi de ce petit weekend...

1 commentaire:

Fat Blonde a dit…

Cela ne dit pas ce que tu as fait aux enfants mon Guigui...