mardi 24 juin 2008

De l'absurdite de prevoir ses vacances à l'avance

Depuis moult semaines, nous avions planifiés un petit weekend des plus sympathiques. Le programme : prendre un bus pour aller a Zunmod, une petite ville pas très loin d’UB, visiter un temple à quelques kilomètre de la ville et rentrer à pied.
Planifier ses voyages à l’avance présente un avantage majeur : celui de pouvoir tout organiser. Malheureusement, nous avons quelques peu oublié ce détail et nous sommes rendus compte en partant que tous les guides conseillaient cette randonnée aux randonneurs confirmés ou accompagnés d’un guide. En revanche, le désagrément associé est le fait qu’on ne peut que difficilement prévoir la météo, ce qui peut être un souci, surtout en Mongolie au printemps quand on n’a pas d’imperméable et qu’on ne s’est pas vraiment soucié de préparer son trip en avance.

Ma foi, samedi matin arrive, mon réveil sonne à 8h. Problème : j'ai oublié de changer mon réveil et j’ai rendez vous environ maintenant. Je saute sous la douche, plus d’eau chaude, je lutte mais me lave. Je vais me préparer un café, pas d’électricité, je mande deux bouts de pain et pars de chez moi. Je me rends dans un magasin pour acheter du pain (je suis responsable pain pour le weekend) : premier magasin fermé, le second magasin n’a plus de pain, je trouve enfin du pain dans un troisième magasin. 8h20, j’appelle Berengère pour la prévenir que je serai un peu en retard au cas où elle ne l’aurait pas remarqué, elle me dit que le rendez vous est en fait à 9h30, je suis dégouté, je retourne me coucher.
Finalement, après m’être recouché une petite heure, j’arrive au rendez vous, avec 8kg de pain, un pull et une paire de chaussette dans mon sac à dos.

Nous voilâmes donc partis. Dire que nous n’avions rien préparé est en fait exagéré. Nous savions que nous devions prendre un bus à la gare routière en face du Dragon Center, à environ 7 ou 8 km du centre-ville. Détail fâcheux, nous ne savons pas où celle-ci se trouve. Après moult tentatives de discussions, nous trouvons un taxi qui nous emmène à cette gare. Arrivés là bas, il n’y a pas de bus, on nous a menti, les bus pour Zunmod partent d’une autre gare routière juste à côté de chez nous et de toute façon, ils partent vers 8h. On ne se laisse pas démonter, nous reprenons un autre taxi, passons quelques 20 bonnes minutes dans les embouteillages (un tramway a eu la bonne idée de perdre un câble au milieu de la route), arrivons à la seconde gare routière et, la chance semble tourner, trouvons un van pour Zunmod. Après une petite heure de bus, il est midi quand on arrive enfin à Zunmod, ce fut dur mais on l’a fait.

Zuunmod est la capitale de l'aimag de Tov (aimag central en mongol, la region qui entoure UB). C'est une petite ville charmante (il n’y a rien) mais très animée. Ici comme ailleurs, la campagne électorale bat son plein. Tous les QG des candidats, en général à côté les uns des autres, passent de la musique à fond, en général des musiques différentes, créant ainsi une cacophonie assez cocasse. Nous tournons un peu et trouvons enfin la route pour le monastère. La route est charmante : des steppes, des troupeaux çà et là, de chevaux, de moutons, des ovoo un peu partout (je ne sais pas si je vous ai raconté, les ovoo sont des sortes de petits tas de pierres sacrés). Après deux heures de marches, nous atteignons enfin le parc national de Manzushir, il n’a toujours pas plus, nous pique niquons pour fêter ca et parce qu’on commence à avoir faim.

Requinqués, nous reprenons la route, le soleil pointe son nez, nous commençons à penser que la chance nous sourit et arrivons au fameux monastère de Manzushir. Le cadre est magnifique. Niché au cœur d’une vallée, le monastère est, comme tous les monastères quasiment, flambant neuf, plein de couleurs car tout neuf. Tout autour de ce monastère, les ruines de l’ancien temple, détruit par les soviétiques en 1937 et de toute la ville qui s’était construite autour.

Après une brève visite du temple et du musée du parc (splendide sélection d’art local en matériau de récupération et d’animaux empaillés), nous partons pour notre ascension du sommet. On ne sait globalement pas où on va (à part qu’Oulan Bator est au nord), il commence à pleuvoir, ca monte sévèrement, mais l’ascension se fait dans la bonne humeur.
Après une ascension dans la forêt, la traversé d’un plateau fort charmant plein de fleurs (c’est rare ici), un petit bout d’escalade, nous arrivons au sommet.

La montagne en question s'appelle Tsetsegun Uul (montagne fleurie, 2256m), l'une des 4 montagnes sacrées pour les mongols, est entourée de roches magnifiques et couvertes de khadegs et autres drapeaux de prières et offre une vue imprenable sur la ville. Malheureusement, la pluie tombe maintenant sérieusement, le vent s’est levé ainsi que la brune. On ne voit pas à 5m devant nous, donc on ne voit pas vraiment la ville, à une quinzaine de km… Décevant, mais c’est joli quand même et on a un peu l’impression d’être dans la forêt maudite et que le cavalier sans tête va surgir d’un instant à l’autre. On rêvasse un peu, puis on revient à la réalité : il fait nuit dans moins de 2h, il pleut, on est trempés, on n’a pas la moindre idée de où on doit aller, quand bien même on le saurait, on ne voit rien, et il faut qu’on descende planter la tente. On se prend un coup de panique, commençons à descendre d’un bon pas et, au bout d’une petite heure, trouvons l’endroit propice au milieu de la forêt. Nous plantons nos tentes et trouvons là un repos mérité au terme d’une bien bonne soirée : festin de rois (pâté, pain et pommes), enlevage de chaussette trempés, franche rigolade et dodo dans duvet mouillé.

Le Lendemain, 8h, on se réveille, prêts a lutter contre l’adversité. Un petit déjeuner un peu sommaire (2 tranches de pain) et une seance repliage de tente sous la pluie plus tard, nous repartons. La brume s’est un peu levée mais on ne sait toujours pas oú on va et il pleut maintenant comme vache qui pisse. Cela dit, on n’a pas trop le choix, il faut bien rentrer.
On continue donc de descendre la montagne, en direction du nord (à peu près). Je profite de la photo pour vous introduire mes petits camarades de promenades, dans l’ordre : Claire, stagiaire dans une agence de voyage dont je vous ai déja parlé, Lucie, stagiaire à l’ambassade, Marie-Laetitia, qui vit normalement à Tchoibalsan, tout à l’est mais qui est venue une semaine à UB, Vincent, Laurence, Bérengère et Gregoire, tous les 4 stagiaires à l’ambassade aussi.

Durant toute la descente, c’est une succession de forêts, de mers de rochers, d’herbes hautes, de steppes, ... C’est vraiment beau. Malheureusement, par l’action combinée de la pluie, de l’absence d’imperméables pour bon nombre d’entre nous, du sol accidenté et de plus en plus glissant, il devient de plus en plus dur d’en profiter : Lucie ne sent plus ses pieds, Claire a peur que sa blessure à la jambe se réouvre, je commence à fatiguer serieusement. Heureusement, une ambiance de franche camaraderie nous aide à tenir le coup, à base de chansons paillardes de nos différentes écoles.

Il est midi quand nous apercevons Oulan Bator. Le moral revient, on va peut être survivre, avec un énorme pneumonie soit, mais nous allons survivre. Quoique. Premier désagrément, nous réalisons que nous n’avons pas descendu la bonne vallée et que nous nous trouvons à l’extrême est d’UB, mais ce n’est pas grave. Deuxième désagrément, au sud d’Oulan-Bator coule une rivière, la Tuul, et aussi loin que nos yeux peuvent voir, il n’y a qu’un pont : un pont de chemin de fer. Pour un moment, nous envisageons, pas rassurés, de traverser ce pont jusqu’à ca qu’un train arrive, nous file une petite pétoche et nous convainque, mouillé pour mouillé, de traverser la rivière à pied.

C’est donc trempés, sales et bien fatigués que nous atteignons enfin une route et là, alors que nous pensions qu’aucun taxi n’accepterait de nous prendre dans cet état, un van s’arrête (Merci Bouddha) et nous ramène tous au centre d’Oulan-Bator.


Bilan : le dos en vrac, je ne peux plus trop bouger les jambes, je n’ai jamais pris une douche aussi plaisante mais on a vraiment passé un super weekend.

Une fois de plus, mon post est beaucoup trop long, j’espère que vous êtes toujours là...
Bises

3 commentaires:

Unknown a dit…

T'inquiete pas pour ton dos, t peux toujours aller te faire masser, tu verra, c'est très relaxant.

Julien lacaze a dit…

énorme guigui!

il faudrait limite faire des videos!

c'est fou ce que la pluie ca peut etre relou quand on l'a pas commandée

Fat Blonde a dit…

De la marche, pas d'alcool. Mais qu'est il arrive a Guigui?